Ugolin achevé en 1861 couronne la fin des études de Carpeaux à l’Académie de France à Rome. Ce groupe magistral n’est plus l’œuvre d’un élève. Ni les Français de Rome, ni l’administration parisienne des Beaux-Arts ne s’y trompent, ils soutiennent l’artiste dans cette entreprise démesurée.

Le sujet est tiré de la Divine Comédie de Dante : le poète décrit Ugolin tyran de Pise, enchaîné et muré dans la tour de la Faim avec sa progéniture (Chant XXXIII). En le voyant se mordre les mains de désespoir, ses enfants lui proposent, par piété filiale, de les dévorer…

L’œuvre revendique des emprunts aux grands modèles de la sculpture : l’enchevêtrement des corps s’inspire d’un célèbre groupe antique, le Laocoon du Belvédère ; la musculature et l’expression d’Ugolin rappellent Michel Ange. Chacun des éléments a fait l’objet de multiples croquis et esquisses, mis en forme dans une composition pyramidale et tournoyante. Dans cet Ugolin désespéré, on croit reconnaître Carpeaux, artiste déjà tourmenté par la création, les dettes et l’administration…

Du plâtre original de 1861, l’Etat commandera un bronze en 1862 (Musée d’Orsay). L’exemplaire du Petit Palais aurait été patiné par Carpeaux lui-même, pour étudier l’aspect définitif de l’œuvre avant la fonte.

A. S.

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