Du 18 octobre 2022 au 08 janvier 2023

Exposition temporaire

Ugo Rondinone

#UgoRondinonePetitPalais

Avenue Winston-Churchill 75008 Paris

Tel : 01 53 43 40 00

Entrée libre

Du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Les vendredis et samedis jusqu'à 19h

the water is a poem
unwritten by the air
no. the earth is a poem
unwritten by the fire

 

L’intervention d’Ugo Rondinone au sein du Petit Palais réside en deux ensembles de travaux, prolongés par une installation vidéo inédite. S’articulant autour de corps humains en prise avec les éléments et la nature, ceux-ci s’inscrivent dans la continuité des multiples familles d’œuvres produites par l’artiste depuis la fin des années 1980. La terre, le ciel, l’air, l’eau et le feu associés à des êtres au repos ou en mouvement sont ici convoqués, dans toute leur dimension spirituelle. 

Le premier ensemble de travaux qui accueillent les visiteurs, humansky, souligne d’emblée cette confusion entre l’être et les éléments. Sept corps moulés, agrémentés d’un « camouflage » évoquant un ciel bleu constellé de nuages, sont suspendus. Ils confrontent le visiteur à l’eau et à l’air.

Le deuxième ensemble, d’où historiquement, est née cette trilogie, est constitué des nudes. À base de cire transparente mélangée avec de la terre, prélevée sur sept continents, ces sculptures présentent aussi un aspect « camouflé », produit par l’assemblage de ces matières non homogènes. Elles mettent en scène des corps de danseurs et danseuses assis et au repos. Réalisés à échelle humaine, ces nus semblent d’abord réalistes, avant que le visiteur, en s’approchant, ne découvre leur aspect clairement artificiel, particulièrement visible au niveau de la jonction de leurs membres avec leur corps. Ces sculptures sont ainsi « paradoxales » et conformes en cela à l’esthétique d’Ugo Rondinone : il joue sur « l’opposition » entre ce qui est attendu d’un danseur ou d’une danseuse, et la pose qu’il leur fait prendre.  Ces corps immobiles, repliés sur eux-mêmes, évacuent tout geste chorégraphié et toute référence à l’espace scénique : ils semblent se fondre avec la nature, l’esprit concentré, perdus dans un état méditatif. 

D’un ensemble à l’autre, les visiteurs assistent à un processus de mutation des corps : d’une suspension éthérée avec humansky, à une quasi léthargie avec les nudes, les corps « renaissent » dans le film burn to shine, dont la présentation au Petit Palais constitue une première mondiale. Le film est projeté sur six écrans, à l’intérieur d’un écrin cylindrique en bois calciné qui forme un cercle, figure géométrique récurrente chez l’artiste. Le corps est ici en mouvement : 12 percussionnistes, 18 danseurs et danseuses sont réunis dans le désert, autour d’un feu. S’adonnant à une transe ancestrale héritée du Maghreb, conjuguée aux gestes d’une danse contemporaine pensée avec le concours du chorégraphe franco-marocain Fouad Boussouf, ils s’unissent à la nature, du coucher du soleil jusqu’à l’aube, au moment où le soleil se lève de nouveau. 

Selon Ugo Rondinone, ce qui relierait les deux premiers groupes à burn to shine est un désir de transformation : « L’inspiration initiale est venue d’un poème de John Giorno intitulé “Tu dois brûler pour briller“, un proverbe bouddhiste sur la coexistence de la vie et de la mort, semblable à la mythologie grecque bien plus ancienne du phénix, l’oiseau immortel qui se régénère de manière cyclique ou renaît d’une autre manière. Associé au soleil, un phénix reçoit une nouvelle vie en renaissant des cendres de son prédécesseur ». 

Enfin, l’artiste a tenu compte des œuvres du Petit Palais auxquelles les siennes sont confrontées. Il s’est appuyé sur les sculptures anthropomorphiques de la collection du musée pour mieux « asseoir » les nus et a entouré le cylindre de burn to shine de quatre peintures d’Eugène Carrière.

 

 

L'exposition a été rendue possible grâce à Galerie Eva Presenhuber, Zurich ; Esther Schipper, Berlin ; Sadie Coles HQ, London ; Gladstone, New York ; kamel mennour, Paris et Kukje Gallery, Seoul.

Commissariat : 
Juliette Singer, conservatrice en chef, responsable des projets art contemporain au Petit Palais
Erik Verhagen, professeur en histoire de l’art contemporain, Université polytechnique Hauts-de-France

 

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