Après la prise de Constantinople par les croisés en 1204, une partie de l’Empire byzantin fut partagée en royaumes latins telle l’île de Crète, devenue possession vénitienne en 1210 – et qui devait le rester jusqu’en 1669, date de sa prise par les Ottomans. Venise fit de l’île l’un de ses principaux points d’appui pour ses échanges commerciaux avec l’Orient. Sous la pression toujours plus forte des Ottomans, de nombreux orthodoxes de l’Empire byzantin y trouvèrent refuge, phénomène qui s’accéléra avec la prise de Constantinople en 1453. 

L’île devint alors un centre de production artistique important. Héritiers de la tradition des ateliers de Constantinople, les artistes allaient se voir confrontés aux innovations de la Renaissance venues d’Italie. Il en résulte un art renouvelé de l’icône que nourrissent notamment l’adoption de la perspective et l’émergence des sentiments. 

La pietà constitue une image de dévotion répandue dans toute l’Europe médiévale : le Christ mort repose horizontalement sur les genoux de sa mère, qui le contemple dans la douleur. Le thème est étroitement associé par sa signification, mais également par son iconographie au Christ de pitié, dont il apparaît comme un développement.

Le costume de la Vierge est de style gothique. Le manteau s’organise en drapés structurés aux plis cassés plus que souples. Le col blanc est spécifiquement emprunté à Venise. Les réticulations du rocher, qui peut ici évoquer le Golgotha, servent de trône à la Vierge et relèvent du style d’Andreas Pavias et de Nicolas Tzafouris. Deux anges voletant encadrent la composition. L’ensemble de ces éléments sont caractéristiques des pietà créto-vénitiennes de cette époque.

R. Z.

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