Cette peinture est la seule icône créto-vénitienne de saint Martin répertoriée à ce jour. Ce légionnaire originaire de Pannonie devenu évêque de Tours au IVe siècle est l’un des saints les plus populaires de l’Occident.
Bien qu’il soit présent dans le ménologe de Basile II, daté du Xe siècle, son culte ne s’est pas répandu dans l’église orientale orthodoxe. L’inscription latine dénote une commande destinée à un client catholique désireux de posséder une icône réalisée à la manière byzantine.
L’épisode représenté est le plus fameux de la vie du saint : il s’agit de l’acte de charité par lequel Martin coupa son manteau pour faire don de la moitié à un mendiant alors qu’il était en garnison à Amiens à l’hiver 337. Martin est figuré à la façon des saints militaires byzantins, tels Georges et Démétrios.
Un soin certain est apporté à la réalisation du cheval : le gris perle est admirablement modelé, dans une gamme allant du blanc ou noir, tandis que les éléments de son harnachement sont rendus avec une grande recherche. L’uniforme de Martin est lui-même particulièrement raffiné dans les ornements de la cuirasse comme dans les couleurs tout en nuances des étoffes.
La main de Dieu sortant d’un triangle placé dans le coin supérieur gauche est une des caractéristiques de l’école crétoise, de même que les deux rochers encadrant la scène.
R. Z.
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