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Après l’exposition tumultueuse de l’Olympia (Paris, musée d’Orsay) qui fait scandale au Salon de 1865, Manet part en Espagne oublier ce qu’il ressent comme les persécutions de la critique parisienne. Durant ce court séjour, il rencontre par hasard Théodore Duret, attablé au même restaurant.

Les nouveaux amis décident de découvrir Madrid ensemble, flânant dans les ruelles pittoresques, assistant aux courses de taureaux, allant voir les œuvres du Gréco à Tolède. Leur visite du Prado est prioritairement consacrée à Vélazquez, que Manet admiratif désigne comme «  le peintre des peintres ».

Selon un procédé emprunté au maître espagnol, Manet place son modèle dans un espace neutre, sans délimitation entre le sol et les murs. Seules les ombres aux pieds de la figure et du tabouret donnent une indication de profondeur. Nous possédons un témoignage direct sur la conception de ce tableau grâce à la biographie que Duret consacre à Manet, en 1926. Selon l’auteur, la nature morte placée en bas à gauche sur un tabouret a été ajoutée à la fin, Manet achevant son tableau par la touche lumineuse du citron.

Négociant en cognac, Théodore Duret (1838-1929) est un grand voyageur par nécessité professionnelle mais aussi par goût. Il est parmi les premiers à se passionner pour l’art de l’Extrême Orient et joue un rôle important dans la diffusion du Japonisme. Républicain engagé, il est le fondateur du journal La Tribune (1868) où collaborent Émile Zola et Jules Ferry. Critique d’art et collectionneur, il s’affirme comme l’un des principaux défenseurs des Impressionnistes par ses achats et ses publications. Le portrait souligne le côté dandy du modèle connu pour son élégance. 

« Je trouve votre bonhomme très crâne » écrit, non sans une pointe d’humour, Duret dans sa lettre de remerciement au peintre, lorsqu’il reçoit ce tableau en témoignage de leur profonde amitié. Il ne s’en séparera que bien des années plus tard pour en faire don au Petit Palais.

I. C.

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