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« Il n’a, comme on dit, ni queue ni tête », la critique d’Henry Houssaye illustre bien l’incompréhension du public au Salon de 1877 face à ce défilé échappé du XIIe siècle.La scène représente sur presque 6 mètres de long mais avec une grande minutie du détail les funérailles du Comte  de Flandre Charles le Bon (1083-1127).

Le comte Charles fut assassiné dans une église par les hommes de son chancelier avide de pouvoir. Mais suite à l’intervention du roi de France Louis VI le Gros, les usurpateurs furent exécutés et le Comte de Flandre inhumé dignement en l’église Saint-Christophe de Bruges. La peinture reconstitue la procession formée par les chevaliers, les ecclésiastiques et les échevins qui s’avance dans la nef sous le regard de la foule. Les croisés, reconnaissables à la croix rouge qui orne leurs habits, participent au cortège, rappelant par leur présence la participation de Charles le Bon aux croisades. Vêtu de rouge le corps du Comte est exposé à l’extrême droite de la composition. Les personnages disposés en frise sont richement parés.

Dans cette grande composition historicisante, Jan Van Beers laisse libre court à son imagination nourrie par la lecture de textes médiévaux et l’observation des œuvres du Moyen Age : le visage du défunt Comte de Flandre est la reprise d’une œuvre ancienne d’après Barend Van Orley (ca. 1488-1541) toujours conservée dans la cathédrale de Bruges. Les moines agenouillés de dos font écho aux pleurants du tombeau de Philippe Pot (musée du Louvre).

Van Beers n’a que 25 ans lorsqu’il peint cette œuvre spectaculaire. Il s’est représenté anonyme parmi la foule en se plaçant au centre exact de la composition. Son autoportrait de profil dissimulé parmi les chevaliers en cottes de mailles et les bourgeois de Bruges, exprime bien sa personnalité excentrique. Le jeune étudiant de l’Académie des Beaux-arts d’Anvers aime faire scandale avec ses amis, formant la « clique Van Beers ». Poursuivant par la suite sa carrière à Paris, l’artiste jouira d’une solide réputation, parfois émaillée de polémiques comme celle du Salon de Bruxelles en 1881 où des critiques frappés par le réalisme des figures l’accusèrent d’avoir peint sur une photographie. 

Caractéristique d’une vision historicisante de l’art que l’on peut rapprocher de celle de Jean Paul Laurens (1838-1921), Les funérailles de Charles le Bon n’obtint pas le succès espéré malgré des expositions à Anvers, Amsterdam et Paris. Le genre rétrospectif et minutieux du Flamand est dénigré par les défenseurs du naturalisme. Ainsi Joris-Karl Huysmans attaque le style de Van Beers en 1879 : « C’est du Van Eyck toqué, c’est de l’archaïsme charge ! ».

H. V. de S.

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