Félicie de Fauveau est l’une des très rares sculptrices de la génération romantique à avoir fait une véritable carrière. Admirée par Stendhal et Alexandre Dumas, cette artiste, récemment redécouverte grâce à l’exposition que lui ont consacrée le musée d’Orsay et l’Historial de la Vendée en 2013, parvint à faire carrière, en France et en Italie, tout en affichant ses convictions légitimistes.

Née en 1801 à Livourne dans une famille de financiers français anoblis au XVIIIe siècle, Félicie de Fauveau retourne en France en 1814 où sa famille s’installe dans le quartier alors à la mode de la Nouvelle-Athènes. Très tôt consciente de sa vocation artistique, la jeune Félicie de Fauveau se forme auprès du peintre Louis Hersent, avant de se lancer dans la sculpture qu’elle apprend en autodidacte. Elle remporte son premier succès au Salon de 1827 avec deux reliefs à sujets historiques, dont l’un (Christine, reine de Suède, refusant de faire grâce à son grand écuyer Monaldeschi, Louviers, musée municipal) figurait dans l’exposition Paris romantique qui s'est tenue au Petit Palais dernièrement. La carrière de la jeune femme bascule en 1830, avec l’avènement au pouvoir de Louis-Philippe et de la branche cadette des Orléans : farouchement légitimiste, Félicie de Fauveau soutient la duchesse de Berry et participe à deux soulèvements en Vendée qui lui valent d’être emprisonnée et condamnée à l’exil. En 1833, Félicie de Fauveau s’installe à Florence où elle restera jusqu’à la fin de sa vie. Dans la cité médicéenne, patrie de Dante et de Donatello, Félicie de Fauveau poursuit sa carrière d’artiste et ouvre un atelier avec son frère, Hippolyte de Fauveau. L’atelier Fauveau produit alors des sculptures et des objets d’art extrêmement raffinés, destinés aux élites princières européennes et inspirés du Moyen-Âge et de la Renaissance.

La Fontaine au triton fait partie des sculptures d’ornement réalisées par l’atelier Fauveau à Florence et a été exposée à Paris lors de l’Exposition universelle de 1855 (n°5121). Elle se présente sous la forme d’un relief dont l’étrange découpe, aux formes trilobées inspirée de l’architecture gothique, est très caractéristique de l’artiste. Son iconographie, qui mêle des poissons, un triton et une jeune sirène, fait davantage penser au vocabulaire ornemental de la sculpture baroque tout en se référant clairement à la fonction de l’objet, destiné à orner le centre d’un bassin.

Cette belle sculpture, d’une grande qualité d’exécution, témoigne parfaitement de l’intérêt porté par l’artiste au décor et au thème de « l’union des arts et de l’industrie » cher aux artistes du XIXe siècle.

C. C.-V.

Base des collections des musées de la Ville de Paris

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