Le site utilise des cookies pour le fonctionnement des boutons de partage sur les réseaux sociaux et la mesure d'audience des vidéos et des pages de ce site. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez leur utilisation. En savoir plus et gérer ses paramètres ici.

Du 13 octobre 2018 au 13 janvier 2019

Accrochage

Valérie Jouve

#ValerieJouve

Avenue Winston Churchill 75008 Paris

Tel : 01 53 43 40 00

Entrée libre

Pas de nocturne

Pour sa programmation automnale d’art contemporain, le Petit Palais invite Valérie Jouve à dialoguer avec ses collections d’art ancien. L’artiste s’insinue parmi les tableaux d’histoire pour en proposer une relecture politique et contemporaine. Titulaire d’une licence en Ethnologie, diplômée de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, Valérie Jouve photographie et expose depuis le milieu des années 90. Son travail est principalement concentré sur la question de la relation de l’humain à son espace (les Passants, les Figures, les Personnages, les Arbres, les Façades, les Paysages…).

Au début du XXe siècle, le Petit Palais achetait au Salon des œuvres d’artistes vivants pour constituer sa jeune collection. Depuis le transfert des œuvres plus récentes au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris lors de sa création en 1961, les collections du Petit Palais s’arrêtent en 1914. Pour renouer ce fil avec la création contemporaine, le musée a choisi d’inviter chaque année, depuis quatre ans, un artiste  d’aujourd’hui  à dialoguer avec son prestigieux fonds ancien. Valérie Jouve, artiste engagée et figure majeure de la scène artistique contemporaine, relève le défi cet automne avec 50 œuvres présentées dans le circuit des collections permanentes.

Engagée depuis les années 1990 dans une recherche rigoureuse visant à retranscrire « l’intensité du vivant », selon les mots de l’artiste, Valérie Jouve a abordé les œuvres du Petit Palais d’un œil clinique. Ne se laissant pas emporter par les séductions faciles d’une collection foisonnante, la photographe et vidéaste a bâti un accrochage en contrepoint, voire à rebrousse-poil. Comme un commentaire à mi-voix, ses œuvres soulignent des aspects méconnus des collections, et font ressortir toute une veine politique et engagée caractéristique du musée. Le pacours propose, sur les deux étages des collections permanentes, une méditation très personnelle dans des salles soigneusement choisies. Les confrontations se font parfois terme à terme, parfois de manière plus symbolique ou allusive ; elles entraînent le visiteur dans une redécouverte des gestes du travail à travers les âges, dans l’observation des attitudes de résistance, dans une contemplation des paysages marqués par l’histoire.

L’entrée dans cet univers urbain habité de présences fortes se fait par la galerie des grands formats, dans laquelle l’artiste a disposé plusieurs tirages de son « corpus » –  mot qu’elle affectionne pour désigner ces ensembles d’images toujours ouverts au développement – le plus connu, les Personnages. Les Façades et les Situations arrivent ensuite pour rendre hommage à la grande peinture républicaine et permettre aux visiteurs de repenser La Rue d’hier au regard de celle d’aujourd’hui. Accrochant ses photographies sur de grands tirages scénographiques de ses propres images, Valérie Jouve entend offrir une approche plurielle. S’immisçant parmi les tableaux et les sculptures, ses Personnages transforment par leur présence têtue et charnelle la peinture religieuse tout comme l’art romantique, et proposent ainsi une réflexion sur le portrait et le statut de la femme dans l’histoire de l’art.

Un représentant massif des Arbres invite à poursuivre la découverte de ces corps singuliers à l’étage inférieur : de la salle symboliste à la galerie des Antiques, en passant par les salles de sculptures et de paysages, ou celle de la Renaissance, les Figures, les Passants, les Situations, les Façades guident le visiteur attentif à travers des objets devenus étranges, parfois inhumains. Au cœur du parcours, parmi les chefs-d’œuvre anciens, se love un discret hommage au monde ouvrier, qui met en parallèle des esquisses peintes et des portraits d’objets.

En ménageant des respirations et des surprises, l’artiste invite chacun à s’approprier ses œuvres et, à travers elles, celles du musée, pour entretisser les perceptions et les interprétations dans une expérience autant intellectuelle que véritablement physique.