Legs Harley Preston

Entrée au Petit Palais du legs Harley Hall Preston composé de dessins XVIIIe et XIXe, d'estampes XIXe et de peintures XIXe

Après le musée Cernuschi, qui avait reçu en 2017 un ensemble de deux cent vingt-cinq pièces d’art asiatique issues de la collection du conservateur et collectionneur Harley Hall Preston (1940-2015), le Petit Palais bénéficie d’un legs de quarante-deux œuvres prestigieuses venant opportunément enrichir les fonds de peintures et d’arts graphiques des XVIIIe et XIXe siècles.

Gravelot, Les Monstres ! Voilà sa récompense ! Première pensée pour l'illustration du chapitre VI du "Bélisaire" de Jean-François Marmontel
Cet ensemble comprend une série de neuf dessins d’Hubert-François Bourguignon, dit Gravelot (1699-1773) : élève de Jean Restout puis de François Boucher, il fut l’un des illustrateurs les plus prolifiques du XVIIIe siècle, déployant sa richesse d’inspiration, son style raffiné et sa maîtrise de la composition dans de nombreux ouvrages philosophiques, théâtraux, épiques et historiques. Les feuilles du legs Preston (dessins préparatoires pour des illustrations de l’Histoire générale d’Allemagne (1748) du père Joseph Barre, de l’Abrégé de l’histoire romaine (1767) de l’abbé Millot (1762), des Étrennes françoises (1766) de Jean-Raymond de Petity et du Bélisaire (1767) de Marmontel) viennent opportunément renforcer le fonds d’œuvres de cet artiste déjà conservées par le musée, dont une soixantaine de dessins préparatoires pour le Théâtre de Corneille.

Isabey, Scène de pêcheurs
Le cœur du legs est consacré au XIXe siècle, avec seize dessins, treize estampes et quatre peintures. Les dessins se caractérisent par une grande variété d’artistes et de techniques, mais la thématique dominante est celle du paysage, avec des feuilles des grands représentants du genre dans la première et la seconde moitié du siècle : Édouard Bertin, Eugène Boudin, Théodore Caruelle d’Aligny, Henri Joseph Harpignies, Paul Huet, Charles Émile Jacque, Maxime Lalanne et Léon Augustin Lhermitte. Cette tendance se retrouve dans les quatre tableaux, avec des paysages d’Eugène Isabey et Harpignies. Ce bel ensemble vient enrichir de façon très pertinente les riches collections du musée consacrées à la peinture de plein air. Deux œuvres se détachent par leur caractère novateur pour le fonds du musée : un portrait d’homme au crayon très maîtrisé d’Achille Devéria, artiste jusqu’alors non représenté dans les collections, ainsi qu’une scène de genre de James Tissot (huile sur bois) permettant d’évoquer son intérêt pour la vie moderne.

Meryon, La Galerie Notre-Dame
Enfin, les treize estampes viennent combler une lacune et réparer une injustice, par le significatif apport de douze eaux-fortes de Charles Meryon : cette figure majeure du renouveau de l’estampe au milieu du XIXe siècle n’était en effet jusqu’alors représentée au musée que par deux œuvres. Les planches du legs Preston se rattachent à l’une de ses séries les plus emblématiques, consacrée aux vues de Paris, parmi lesquelles la fameuse « Galerie de Notre-Dame ». La dernière estampe, un portrait gravé de Meryon par son ami Félix Bracquemond, parachève cet hommage tout en complétant le conséquent  fonds dédié à ce graveur et décorateur.

A.-C. C.

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