À l’automne 1900, dans le Grand Palais récemment inauguré à Paris, les visiteurs de l’Exposition universelle découvrent, au sein de l’exposition consacrée aux nations étrangères, une section belge qui suscite un enthousiasme unanime : près de 150 peintures et sculptures venues de Belgique apparaissent alors comme une véritable révélation. Cette reconnaissance parisienne consacre Bruxelles comme l’un des grands centres artistiques européens à la charnière des XIXe et XXe siècles.

L’exposition restitue cet extraordinaire foisonnement culturel à travers plus de 250 œuvres : peintures, sculptures, arts décoratifs, affiches, bijoux, photographies, architectures et arts graphiques. L’exposition a été réalisée en partenariat avec les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, les Musées royaux d’Art et d’Histoire et la Bibliothèque royale de Belgique (KBR) et bénéficie d’un prêt exceptionnel d'œuvres de ces trois institutions.

Constant Montald, Nymphes dansant, ca. 1898. Huile liant mat et détrempe sur toile, 95,5 x 135,5 cm.  Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. © Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles / photo : J. Geleyns - Art Photography

A partir de la révolution de 1830, la Belgique se constitue comme État-nation et connaît, tout au long du XIXsiècle, des transformations radicales et un essor économique sans précédent. Se hissant comme la deuxième puissance industrielle mondiale par habitant, la Belgique rivalise avec les puissances voisines. Bruxelles, capitale du nouvel État, supplante peu à peu Anvers et Gand, anciennes capitales artistiques, et se positionne comme l’un des centres culturels et intellectuels majeurs d’Europe. Bruxelles devient la vitrine de l’essor belge, dont les arts sont le fer de lance idéologique et identitaire. Se « considérer » et se « faire reconnaître » comme Belge constituent alors un enjeu politique et culturel.

Par sa nouvelle place politique, économique et intellectuelle, la métropole bruxelloise s’impose dès les années 1880 comme le théâtre effervescent d’un jeune microcosme culturel composé d’artistes, d’écrivains et de critiques partageant une même quête de légitimation nationale. Au cœur de l’Europe, la ville est aussi une terre d’accueil pour de nombreux artistes et intellectuels belges et étrangers. Mus par cette même volonté de participer à un art « nouveau » en écho aux grands bouleversements économiques, technologiques et politiques que traverse la jeune nation belge, de nombreux jeunes artistes s’associent au sein de cercles, dont celui de la Libre Esthétique (1894-1914). A l’origine d’une riche programmation d’expositions, de conférences, de concerts et d’un salon annuel à envergure internationale, le cercle de la Libre Esthétique attire les créateurs majeurs de l’époque : Paul Gauguin, Paul Signac, Maurice Denis ou encore Auguste Rodin font le déplacement à Bruxelles. La jeune capitale s’impose dès lors comme laboratoire de création où se côtoient les tendances symbolistes, idéalistes, ésotériques et les mouvements naturalistes.

L’exposition fera notamment la part belle à l’Art Nouveau, courant artistique pluridisciplinaire indissociable de Bruxelles au XXe siècle. Partageant avec leurs contemporains français, allemands, autrichiens ou britanniques, la conviction que l’art doit se renouveler pour atteindre une harmonie dans tous les domaines et toutes les techniques, des créateurs tels Victor Horta, travaillent à apporter « l’art dans tout » : un Art nouveau. Caractérisé par l’usage des courbes et des couleurs, ce mouvement riche en motifs inspirés de la nature, très présent dans l’architecture et les arts décoratifs, est une réponse des créateurs à l’industrialisation qui transforme leur environnement.
 
Bruxelles 1900 plongera les visiteurs au cœur d’une capitale belge en plein bouleversement, foisonnante d’idées, de créations et de réinventions artistiques. La scénographie immersive et la réunion inédite de chefs-d'œuvre de l’art belge feront de cette exposition un voyage spatio-temporel inoubliable.

 

Paul Dubois, Minerve ou la Liberté, 1901. Ivoire et argent, 53 x 36 x 26 cm . Musée de la Ville de Bruxelles - Maison du Roi. © Musée de la Ville de Bruxelles

COMMISSARIAT GÉNÉRAL :

  • Géraldine David, directrice générale des Musées royaux d’Art et d’Histoire
  • Sara Lammens, directrice de la Bibliothèque royale de Belgique (KBR)
  • Annick Lemoine, présidente de l’établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie, ancienne directrice du Petit Palais
  • Kim Oosterlinck, directeur général des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique


COMMISSARIAT SCIENTIFIQUE :

  • Anne-Charlotte Cathelineau, conservatrice en chef du patrimoine en charge des sculptures, Petit Palais
  • Davy Depelchin, conservateur en charge de la collection des peintures et des sculptures du XIXe siècle aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
  • Benjamin Foudral, directeur du Musée Gustave Courbet d’Ornans

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