Détails de l'œuvre
Date :
Vers 1900
Matériaux et techniques :
Or, émaux à jour sur paillons, opales, diamants et perle baroque
Numéro d'inventaire :
PPO3570
Dimensions :
H. 12 x l. 5 cm
Mode d'acquisition :
Achat, 1937, 1937
À la croisée de l’art et de l’artisanat, le bijou Art nouveau se démarque nettement des styles antérieurs. Entre 1890 et 1910, il affirme une esthétique nouvelle, célébrant à la fois le mystère et la sensualité du corps féminin, ainsi que les formes souples et les nuances harmonieuses de la nature.
Parmi les figures emblématiques de ce renouveau, René Lalique s’impose rapidement comme un chef de file. Son usage audacieux de matériaux jusque-là considérés comme secondaires inspire notamment Georges Fouquet, qui succède en 1895 à son père, fondateur d’une maison de bijouterie initialement spécialisée dans le style Renaissance. Désormais, la dimension artistique prime sur la valeur marchande du bijou : l’or devient un simple support, au profit de matériaux organiques tels que l’ivoire ou la nacre, ainsi que de l’émail, qui introduit dans l’art joaillier la couleur et la transparence.
Georges Fouquet réalise l’un de ses plus remarquables bijoux en collaboration avec le peintre tchèque Alphonse Mucha et le dessinateur Charles Desrosiers. La forme du pendentif Cascade reprend, avec quelques variantes, celle d’une agrafe de corsage dessinée par Mucha en 1900. À l’intérieur de la monture, une cascade exécutée en émaux translucides pailletés jaillit d’un paysage foisonnant de rochers et d’arbres, composé d’opales aux formes irrégulières. Des diamants, disséminés dans le motif, scintillent dans la chute d’eau, renforçant l’illusion d’éclaboussures.
Inspirés par le répertoire inépuisable de la flore et de la faune, mais aussi par les arts du Japon, les créateurs de l’Art nouveau cherchent à capter l’essence du vivant à travers des compositions raffinées, où la ligne devient mouvement et la couleur, expression d’émotion.