Détails de l'œuvre

Date :
Modèle présenté à l’Exposition Universelle de 1900

Matériaux et techniques :
Vases de forme amphore en grès émaillé

Dimensions :
H. 200 x l. 70 cm (chaque vase)

Mode d'acquisition :
Mode d'acquisition inconnu

Pierre-Adrien Dalpayrat se forme à la peinture sur porcelaine à Limoges, avant de perfectionner son savoir-faire à Bordeaux et à Toulouse. Vers 1889, il fonde sa propre fabrique de céramique à Bourg-la-Reine, où il mène d’importantes recherches sur les techniques de cuisson et d’émaillage.

En 1892, il s’associe au sculpteur Voisin-Delacroix pour produire des « grès ou toutes autres variétés de céramique ». Au sein de cette collaboration, Voisin-Delacroix assure le modelage des formes tandis que Dalpayrat se consacre à la fabrication, aux émaux et aux patines. Cette collaboration s’achève en 1893 avec la mort prématurée du sculpteur.

La paire de vases de forme amphore en grès émaillé illustre pleinement la maîtrise technique et la sensibilité artistique de Dalpayrat. Leurs volumes harmonieux et leurs surfaces animées de riches effets d’émail mettent en valeur les célèbres couvertes aux tonalités profondes, dites « rouge sang de bœuf », nuancées de jaspures bleues ou vertes. Ces œuvres témoignent de la recherche constante de l’artiste autour de la matière, du feu et de la couleur.

Dalpayrat se distingue plus largement par des grès aux tonalités chaudes et somptueuses. Il réalise notamment des vases en forme de fruits — courges ou coloquintes — dont les surfaces peuvent être animées de figures humaines, d’animaux fantastiques ou de motifs végétaux. Il collabore également avec des orfèvres tels que Cardeilhac pour créer des pièces uniques montées en métal, tout en produisant parallèlement des objets de vaisselle en porcelaine et en faïence.

Cette reconnaissance culmine lors de l’Exposition universelle de 1900, où il présente ces deux vases monumentaux de près de deux mètres de hauteur, véritables prouesses tant sur le plan technique qu’artistique.