Détails de l'œuvre

Date :
1900

Matériaux et techniques :
Bronze à patine mordorée ; fonte à la cire perdue

Numéro d'inventaire :
PPO03812

Dimensions :
H. 13 x l. 50 x l. 12 cm

Mode d'acquisition :
Achat par préemption en vente publique, 2014, 2014

La « Divine » Sarah Bernhardt, superbement représentée dans le portrait de Georges Clairin (inv. PPP744), ne s’est pas limitée à l’expression de ses talents d’immense tragédienne. Dès le début des années 1870, elle se consacre avec une ardeur remarquable à la sculpture, qu’elle considère comme une seconde vocation. Si l’actrice fréquente les ateliers des sculpteurs Roland Mathieu-Meusnier et Jules Franceschi, sa formation demeure en grande partie autodidacte, nourrie d’expérimentations personnelles et d’une liberté créatrice peu commune.

Son style singulier s’affirme pleinement dans l’art du portrait — comme en témoigne le buste de Victorien Sardou conservé au Petit Palais — mais également dans la création d’objets décoratifs, où se manifeste un goût prononcé pour l’expérimentation.

Cette démarche trouve un terrain d’expression privilégié dans les œuvres réalisées lors de ses séjours à Belle-Île-en-Mer, où elle acquiert un fortin à l’extrémité de la pointe des Poulains. Au fil de ses promenades sur la plage, Sarah Bernhardt se livre à la collecte d’algues, de coquillages et de poissons. Ces créatures marines, aux formes étranges et fascinantes, nourrissent son imaginaire artistique. Elles sont moulées en plâtre dans l’atelier qu’elle installe face au château, avant d’être fondues à la cire perdue à Paris.

Ce procédé est notamment illustré par la dague ornée d’algues, que son autrice offre au bijoutier René Lalique, fervent admirateur de ses créations. Présentée à l’Exposition universelle de 1900, cette pièce figurait dans une vitrine réunissant plusieurs bronzes inspirés de la faune et de la flore marines, dont le traitement subtil des patines fut unanimement salué par le jury.