Détails de l'œuvre
Date :
Vers 1685-1690
Matériaux et techniques :
Tapisserie de laine et de soie
Numéro d'inventaire :
PPO3526
Dimensions :
H. 319 x l. 450 cm
Mode d'acquisition :
Collections municipales
Au Siècle des lumières, l’exotisme fascine et inspire les artistes en même temps qu’il nourrit leur imaginaire avec des images de luxe inédites. Les lettres édifiantes et curieuses des missionnaires jésuites font connaître les cultures lointaines, comme celle de la Chine, grâce à des illustrations de costumes, de coutumes et d’architectures.
Au XVIIIe siècle, dans le domaine des arts décoratifs, les chinoiseries sont des sujets plaisants, particulièrement esthétiques et donc très recherchés. La création et le tissage à la manufacture royale de Beauvais, sous la direction de Philippe Béhagle, de la tenture L’Histoire de l’empereur de Chine constitue une somptueuse évocation d’un Extrême-Orient de fantaisie. Cette suite retrace en neuf scènes – dont Le Retour de la chasse – la vie quotidienne de l’empereur de Chine Kangxi (1662-1722), contemporain de Louis XIV. Les tapisseries sont tissées en basse lisse, c’est-à-dire sur des métiers horizontaux sous lesquels sont fixés les modèles et les cartons, datés des années 1685-1690. Inspirés d’ouvrages et de gravures sur la Chine, ils sont l’œuvre des peintres cartonniers Guy-Louis Vernansal, Jean-Baptiste Monnoyer et Jean-Baptiste Belin de Fontenay.
À la différence des Gobelins, la manufacture de Beauvais, fondée en 1664, ne travaille pas exclusivement pour la couronne, mais aussi pour une clientèle privée fortunée. L’originalité du sujet, l’élégance des personnages, le raffinement des détails, la richesse des coloris et la très grande qualité du tissage ont valu à cette manufacture des commandes venues de la grande noblesse française et étrangère ainsi que des cours princières d’Europe.