Détails de l'œuvre
Date :
Vers 1760-1761
Matériaux et techniques :
Huile sur toile
Numéro d'inventaire :
PDUT1192
Mode d'acquisition :
Achat sur les arrérages du legs Dutuit, 1975, 1975
En 1756, le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du roi, commande pour sa sœur la marquise de Pompadour deux toiles destinées à l’appartement de la favorite du roi à Versailles. En administrateur des arts, Marigny a largement orienté la production artistique pendant les années de son directorat (1751-1773), asseyant la position des grands artistes du XVIIIe siècle dans tous les genres (Boucher, Coypel, Van Loo, Nattier, Vien, Chardin, etc.).
À Greuze, qui séjourne alors à Rome, il laisse « la liberté de son génie pour choisir le sujet qu’il voudra », la seule contrainte résidant dans l’adéquation des formats au décor. Malgré le prestige et les termes bienveillants de la commande, Greuze mettra cinq ans à achever son travail, qu’il expose au Salon de 1761. Il présente néanmoins auparavant au Salon de 1759 son pendant, La Simplicité (Kimbell Art Museum, Fort Worth), représentant une jeune fille qui effeuille une marguerite et semble se murmurer : « Il m’aime, un peu, beaucoup… » Dans un geste complémentaire, le garçonnet en gilet rouge et chemise blanche aux belles manches bouffantes s’apprête à souffler sur les akènes d’un pissenlit pour savoir si l’amour est réciproque. Malgré l’apparente ingénuité du motif, l’air pensif, voire grave, du joli garçon aux joues rosies et aux belles boucles blondes fait écho à l’application tout en intériorité de la jeune fille aux yeux baissés. L’ombre d’une inquiétude muette plane sur la charmante innocence de ce « jeu d’enfants ».