Détails de l'œuvre

Date :
1866-1875

Matériaux et techniques :
Faïence fine, décor imprimé et peint sous couverte

Numéro d'inventaire :
PPO03813

Mode d'acquisition :
Achat en 2004 ; don Chantal Kiener, 2015, 2016

Grand admirateur de l’art japonais, Félix Bracquemond fait de la Manga d’Hokusai, dont il aurait découvert un fascicule dans l’atelier de l’imprimeur Delâtre, son véritable bréviaire. Il puise son inspiration dans les pages du célèbre manuel de dessin japonais pour réaliser 28 planches gravées à l’eau-forte, comprenant un grand nombre de croquis inspirés des univers naturel et animalier. Une fois imprimés, ces motifs sont découpés puis transférés sur les différentes pièces d’un service en faïence fine commandé par le marchand-éditeur Eugène Rousseau.

Parmi les modèles les plus saisissants que Bracquemond emprunte au maître nippon figurent deux dindons qui décorent ce plat. Ils ont été tirés du troisième carnet de la Manga, où ils sont accompagnés de leur nom en japonais, karakun, transcription du néerlandais kalkoen.

Le service Rousseau, dont la forme traditionnelle s’inspire des modèles rococo imités de la porcelaine du XVIIIᵉ siècle, est présenté à l’Exposition universelle de 1867. Il connaît un succès considérable et sera édité à plusieurs reprises jusqu’en 1940. 

Ce service constitue l’un des premiers exemples d’intégration de motifs décoratifs issus de l’iconographie japonaise, qui représente une source précieuse pour de nombreux artistes occidentaux en quête de nouveaux sujets. Il illustre non seulement l’engouement européen pour le Japon au XIXᵉ siècle, mais aussi la manière dont les céramistes français ont su transformer cette inspiration en créations originales, ouvrant la voie à l’essor du japonisme dans les arts décoratifs.