Détails de l'œuvre

Date :
Vers 1895

Matériaux et techniques :
Pâte de verre

Numéro d'inventaire :
PPO1144

Dimensions :
H. 24,2 x l. 12,3 x P. 11,1 cm

Mode d'acquisition :
Don de Jacques-Michel Zoubaloff, 1920, 1920

Dès 1867, Henry Cros – artiste aux talents multiples et esprit curieux, à la fois sculpteur, peintre, modeleur sur cire, céramiste et maître-verrier – se consacre à des recherches érudites sur la peinture à l’encaustique. S’appuyant sur des textes antiques, cet innovateur singulier de la sculpture polychrome et du travail du verre ambitionne de remettre au goût du jour la peinture à la cire, pratiquée dès le Vsiècle avant J.-C. par les maîtres hellènes. Expérimentateur jamais satisfait, Cros se tourne, à partir des années 1880, vers la terre cuite ornée d’engobes colorés, avant de mettre au point une technique novatrice, qu’il nomme « pâte de verre ». 

Le buste de Marcelle, représentant la fille aînée de l’artiste – elle-même connue pour son travail de broderie artistique –, illustre admirablement le talent de portraitiste de Cros dans l’univers féminin. D’une grande délicatesse, l’image diaphane de la fillette, au regard bleu et à la chevelure brune, s’inspire des modèles de la Renaissance tout en révélant une dimension intime. Animée de nuances douces qui rappellent l’aquarelle et marquée par une gamme chromatique réduite, l’œuvre se distingue par une grâce subtile, empreinte de rêverie. La surface volontairement rugueuse de la pâte de verre, que Cros choisit de ne pas polir, confère à la sculpture une matière vibrante, pleine de vie et de sensibilité. Le buste a sans doute été réalisé à la manufacture de Sèvres, où l’artiste s’installe à partir de 1891 dans un atelier mis à disposition par l’État, qui soutient alors financièrement ses recherches. Déposée dans un moule en matériau réfractaire, la pâte est ensuite cuite selon un procédé à refroidissement contrôlé, de manière à permettre la fusion du verre sans altérer la séparation des couleurs.