Détails de l'œuvre

Date :
1857

Matériaux et techniques :
Huile sur toile

Numéro d'inventaire :
PPP377

Dimensions :
H. 174 x l. 206 cm

Mode d'acquisition :
Don d'Etienne Baudry par l'intermédiaire de Juliette Courbet, 1906, 1906

Dans ce grand tableau présenté au Salon de 1857, Courbet montre à première vue un sujet très banal : deux jeunes femmes nonchalamment allongées dans l’herbe, dans un paysage champêtre. Cependant, comme il l’avait déjà fait pour Les Casseurs de pierre (1849-1850, musée de Dresde, œuvre aujourd’hui détruite), Courbet choisit délibérément de peindre les deux femmes sans masquer leur condition sociale. Les « demoiselles » venues se rafraîchir en été au bord de l’eau sont en effet identifiées par certains comme des prostituées de la ville. Leurs vêtements parfaitement figurés et totalement contemporains, ainsi que leur mise, choquent la critique : la jeune femme au premier plan n’est que partiellement vêtue et se présente en jupon et corset ; de ses yeux mi-clos, elle fixe sans détour le spectateur, renvoyé à la position d’un voyeur. La physionomie des modèles fait également scandale, car jugée vulgaire. Si l’on ignore l’identité des modèles, il a été proposé d’y voir les sœurs du roman de George Sand Lélia

Courbet commence cette toile à Ornans en 1856. Même si elle évoque une scène de plein air, il s’agit d’une œuvre réalisée à l’atelier. L’artiste a cependant mis un grand soin à peindre le paysage et le soleil qui filtre à travers les feuillages avec de larges touches de lumière. Les natures mortes florales ainsi que les étoffes ont également fait l’objet d’un soin particulier. Grâce à ce traitement original, personnel, Courbet donne avec cette œuvre une interprétation moderne du thème très classique de la figure humaine inscrite dans un paysage, six ans avant le Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet (Paris, musée d’Orsay).