Détails de l'œuvre
Date :
1827
Matériaux et techniques :
Lithographie sur papier
Numéro d'inventaire :
GDUT1822
Dimensions :
H. 37,3 x l. 28,2 cm
Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902
Dans son interprétation du Faust de Goethe, Eugène Delacroix accompagne la narration en se focalisant sur le duo formé par Faust et le diable. Ici, Faust apparaît seul, dans son cabinet médiéval éclairé par la dernière bougie d’un lustre, avant sa première rencontre avec Méphistophélès. Il contemple un crâne et semble rongé par la vanité du monde, frappé d’une mélancolie qui entre en résonance avec la sensibilité romantique de Delacroix. C’est à la demande de l’éditeur Charles Motte que l’artiste s’empare de l’œuvre de l’auteur allemand pour en accompagner la première traduction en français par Albert Stapfer.
La saveur particulière de cette épreuve avant la lettre tient aux remarques qui en ornent les marges et ne sont pas conservées pour l’édition, publiée en 1828. C’est très certainement cette spécificité qui incite les frères Dutuit à acquérir cette série de 17 lithographies, dont plusieurs épreuves sont ainsi agrémentées. Autour de l’image centrale se déploient divers motifs, tantôt simple échauffement de la main, boucles déliées et traits imprévisibles, tantôt dessins plus aboutis, à l’instar du heaume et de la tête de cheval. La place de ces œuvres dans la collection Dutuit léguée au Petit Palais témoigne d’un intérêt pour l’épreuve rare qui dépasse le cadre de la seule estampe ancienne. Les remarques marginales distinguant quelques précieuses épreuves deviennent ainsi des marqueurs d’exception pour les amateurs qui cherchent l’unique dans le multiple.