Détails de l'œuvre

Date :
1896

Matériaux et techniques :
Cristal soufflé à plusieurs couches, inclusions, cabochons et anses rapportées à chaud

Numéro d'inventaire :
OGAL553

Mode d'acquisition :
Achat, 1932, 1932

En mars 1896, la comtesse Henri Greffulhe, née Élisabeth de Caraman-Chimay, sollicite Émile Gallé pour la réalisation d’un vase destiné à être offert à la princesse Marguerite de Chartres à l’occasion de son mariage avec le duc de Magenta. Pour accompagner cette création, le poète Robert de Montesquiou, cousin de la comtesse, compose spécialement un quatrain, gravé sur les parois du vase, conférant à l’œuvre une dimension littéraire.

L’exemplaire présenté ici correspond à l’étude IV du vase définitif, lequel fut exposé en 1897 au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts. Certaines œuvres uniques de Gallé ont en effet été réalisées en plusieurs exemplaires d’étude, afin de limiter les risques techniques et les pertes susceptibles de survenir au cours du processus de fabrication, particulièrement complexe dans le travail du verre.

La forme relativement simple du vase, inspirée de la céramique grecque antique, contraste avec la richesse du décor floral. Les lis et les marguerites, délicatement disposés, constituent un écho visuel au prénom de la princesse de Chartres. Les inclusions de verre et de poussière d’or, ainsi que les cabochons en léger relief, renforcent le caractère précieux et raffiné de l’œuvre, malgré une apparence volontairement libre, presque esquissée, qui témoigne de la recherche expressive et poétique propre à Gallé. Par cette alliance de simplicité formelle et de sophistication décorative, le vase illustre pleinement l’esthétique de l’Art nouveau et la conception de l’objet comme œuvre d’art totale, où se conjuguent matière, forme et symbolique.