Détails de l'œuvre
Date :
1835
Matériaux et techniques :
Huile sur toile
Numéro d'inventaire :
PDUT1162
Mode d'acquisition :
Achat sur les arrérages du legs Dutuit, 1963, 1963
Figure tutélaire du romantisme, Delacroix s’inspire ici du poème du Giaour, publié parmi les poèmes orientaux de lord Byron en 1813. Durant toute sa carrière, l’artiste puise son inspiration dans les écrits du poète britannique. Dès 1824, il projette de représenter son Giaour, un épisode riche en émotions fortes et contrastées : le pacha Hassan, jaloux, affronte dans un duel sans merci le « Giaour » (du nom que les Turcs donnent aux chrétiens) amoureux de l’une des esclaves de son harem. Delacroix dépeint l’instant décisif du combat opposant le Giaour, monté sur un cheval noir, et le pacha Hassan, sur son cheval blanc. Malgré les efforts du pacha pour repousser son ennemi, le combat semble perdu d’avance. Les chevaux, avec une férocité identique à celle de leurs cavaliers, s’affrontent en un combat acharné dans un corps-à-corps d’une grande intensité. Homme, animal, les corps s’entremêlent dans une fureur spectaculaire, le cheval noir mordant férocement le poitrail du cheval blanc, déjà blessé, qui piétine un homme à terre.
Ce thème du combat du Giaour et du pacha occupe Delacroix durant près de vingt-cinq ans et donne lieu à plusieurs compositions, dont une datée de 1826 (Chicago, Art Institute), antérieure à celle du Petit Palais, où la scène est vue avec davantage de recul. Ces sujets lui permettent d’explorer plusieurs de ses sources d’inspiration : le thème du combat – notamment la guerre d’indépendance grecque –, la représentation de la noblesse des chevaux ou encore les accessoires orientaux riches et chatoyants (armes, costumes, sellerie…). Au-delà de l’inspiration orientale soulignée par l’usage de la couleur, la représentation des chevaux intéresse tout particulièrement l’artiste. Le soin apporté à l’étude de leurs crinières ou de leurs robes signale la passion de Delacroix pour ces animaux.