Détails de l'œuvre

Date :
Vers 1897

Matériaux et techniques :
Verre favrile glass

Numéro d'inventaire :
OGAL61

Mode d'acquisition :
Achat à Siegfried Bing, 1867, 1897

Fils du fondateur de la prestigieuse maison d’orfèvrerie et de joaillerie Tiffany & Co., Louis Comfort Tiffany se destine d’abord à la peinture. Il se forme à la National Academy of Design de New York, puis complète son apprentissage à Paris auprès du peintre Léon-Charles Bailly. Très tôt, le jeune artiste entreprend de nombreux voyages en Europe et, à partir de 1870, découvre l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, notamment le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et l’Égypte. Ces séjours marquent profondément sa sensibilité artistique : il y est fasciné par l’intensité des couleurs, la richesse des décors et l’harmonie entre formes et matières.

Parallèlement, Tiffany développe une véritable vocation de collectionneur. Il acquiert des objets en métal, en verre émaillé, des textiles et des faïences, dont l’étude nourrit sa réflexion esthétique. L’influence de la collection d’Edward Moore, directeur artistique de Tiffany & Co., joue également un rôle déterminant dans son intérêt pour les arts appliqués.

Se détournant progressivement de la peinture, Tiffany fait de la décoration intérieure et surtout du verre son domaine d’excellence. Subjugué par les possibilités plastiques et chromatiques de ce matériau, il met au point des procédés innovants et crée différents types de verre, parmi lesquels le verre favrile, emblématique de son œuvre. Cette bouteille en constitue un exemple remarquable. Sa forme élancée s’inspire des aspersoirs à eau de rose d’origine perse, tandis que le corps allongé et le col sinueux soulignent une recherche de lignes organiques et fluides, caractéristiques de l’Art nouveau.

Les motifs irisés, évoquant les plumes de paon, sont obtenus par l’ajout de sels métalliques lors de la fusion du verre. Les reflets changeants qui en résultent confèrent à l’objet une profondeur et une vibration chromatique exceptionnelles. Cette maîtrise technique témoigne du génie créateur de Tiffany et de son rôle majeur dans le renouveau des arts du verre à la fin du XIXᵉ siècle.