Détails de l'œuvre
Date :
1548-1549
Matériaux et techniques :
Bas-reliefs, pierre calcaire
Numéro d'inventaire :
COA-0126GOU.1 à 5
Dimensions :
Entre 237,5 et 239 cm de haut et entre 55 et 56 cm de large en fonction des reliefs
Mode d'acquisition :
Dépôt de la Conservation des œuvres d'art religieuses et civiles de la Ville de Paris
Ces cinq reliefs proviennent d’un chef-d’œuvre de la Renaissance française, la fontaine des Innocents, située place Joachim-du-Bellay à Paris.
En 1548 débute la construction d’une fontaine à l’angle des rues Saint-Denis et aux Fers. Établie sur l’emplacement d’une fontaine plus ancienne, elle jouxte l’église des Saints- Innocents et le cimetière du même nom. Œuvre de Jean Goujon, peut-être associé à l’architecte Pierre Lescot (1515-1578), elle s’inscrit dans un programme d’aménagement urbain de la Ville de Paris et alimente en eau le quartier des Halles.
Inspirée par les arcs de triomphe romains, la fontaine adopte la forme d’un édicule maçonné à trois arcades, une sur la rue Saint-Denis et deux sur la rue aux Fers. Son décor sculpté est tout entier dédié au thème aquatique. Il célèbre la bienfaisance de l’eau publique et rend hommage aux divinités mythologiques et aux créatures marines qui peuplent les sources abreuvant la capitale.
Ces nymphes personnifient les rivières. L’écoulement de l’eau est évoqué par leurs attributs (jarre déposée au sol, portée à la hanche ou à l’épaule) et par les plis des fins drapés mouillés qui adhèrent aux corps. Avec ces figures élancées et sinueuses, dans des positions variées et éloignées de toute réalité anatomique, Goujon livre un manifeste de la sculpture maniériste. Virtuose du bas-relief, il travaille les volumes à partir d’un fond cerné d’un simple trait et joue de l’opposition entre parties incisées et parties plus saillantes, comme les chevelures animées de trous de trépan ou les ceintures des vêtements.
Fragilisés par le temps, ces cinq reliefs ont été déposés de la fontaine et remplacés par des copies lors de la restauration menée en 2024.