Détails de l'œuvre

Date :
Vers 1514

Matériaux et techniques :
Pierre noire, plume et encre brune, lavis brun, rehauts de blanc sur papier

Numéro d'inventaire :
DDUT980

Dimensions :
H. 27,3 x l. 16,5 cm

Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902

Le dessin occupe une place centrale dans les pratiques d’atelier des artistes de la Renaissance. Un maître crayonne alors aussi bien pour mettre ses idées au clair et préparer les tableaux qu’on lui a commandés que pour transmettre ses dessins à ses assistants afin qu’ils les réalisent en peinture, pour garder le souvenir de compositions qui ont quitté son atelier, ou encore pour présenter à ses clients un premier aperçu de l’œuvre qu’il leur destine. Ses élèves dessinent à leur tour d’après les œuvres de l’artiste pour se former, assimiler sa manière ou se constituer un répertoire de motifs. En conséquence de cette multiplicité de fonctions, les attributions de dessins anciens se révèlent parfois ardues et changeantes. 

Cette feuille en atteste : longtemps considérée comme l’œuvre de son élève Giovanni Francesco Penni, elle est aujourd’hui rendue à Raphaël lui-même. Elle sert au maître à composer l’un de ses plus célèbres tableaux, L’Extase de sainte Cécile, conservé à pinacothèque nationale de Bologne. Plutôt qu’une dérivation par Penni du tableau de Raphaël ou qu’un modèle pour une gravure qui devait le reproduire, ce dessin constitue un état non définitif de la peinture de Raphaël. Les différences qui apparaissent entre le dessin du Petit Palais et l’œuvre finale suggèrent que l’artiste est toujours en réflexion lorsqu’il l’esquisse, qu’il n’a pas encore arrêté tous les contours de sa composition, et qu’il s’agirait donc plutôt d’une étape relevant de la genèse de L’Extase de sainte Cécile que d’une copie par une autre main de l’œuvre achevée.