Détails de l'œuvre
Date :
Vers 1220-1230
Matériaux et techniques :
Ivoire d'éléphant sculpté en ronde-bosse, traces de polychromie et de dorure
Numéro d'inventaire :
ODUT1274
Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902
Matériau rare et précieux, l’ivoire est fort apprécié en Occident, depuis l’Antiquité tardive jusqu’aux périodes romane (Xe-XIIe siècles) et gothique (XIIIe-XVe siècles), cette dernière étant une période d'apogée pour le travail de l'ivoire en France.
Dès le XIIIe siècle, Paris devient le centre majeur de cette production. Sculptées dans la courbure même de la défense d'éléphant, les figurations de Vierges à l'Enfant adoptent alors une attitude inclinée soulignée par les plis du drapé.
Merveilleusement bien conservée, cette Vierge à l’Enfant du tout début de l’époque gothique se distingue par la qualité de son exécution. La subtilité et la douceur du visage de la Vierge, la finesse des détails – comme la bride qui retient le manteau sur la poitrine –, la fluidité et la souplesse des drapés des deux personnages, permettent de rattacher cette sculpture au « Style 1200 » ou premier Art gothique. Ce courant stylistique s’épanouit dans le nord-est de la France et la région mosane aux alentours de 1200 et se définit par un intérêt renouvelé pour l’Antiquité classique.
D’après l’inscription gravée sur la plaque d’argent fixée au revers de la statuette, cette statuette aurait été conservée dans l’abbaye d’Ourscamp dans l’Oise jusqu’à la Révolution. Le temps a malheureusement fait disparaître la polychromie et la dorure que cette œuvre, précieuse comme l’orfèvrerie, offrait alors au regard.