Détails de l'œuvre

Date :
Vers 500-480 avant J.-C.

Matériaux et techniques :
Tête moulée, col tourné, décor en figures rouges, rehauts noirs, blancs, jaunes et rouge violacé

Numéro d'inventaire :
ADUT376

Dimensions :
H. 14,9 x l. 25 ; D. 14,1 cm (embouchure)

Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902

De métal précieux ou de terre cuite, le rhyton, vase à boire des dieux et des héros, est percé d’un trou d’où coule le vin dans la gorge du buveur ou dans une coupe plate, une phiale, pour un usage rituel. Dans les banquets des aristocrates athéniens, sous le regard de Dionysos - dieu de la vie et de la vigne, mais aussi des vraies valeurs au-delà des apparences -, il a valeur de symbole.

Pour partie, le rhyton a une tête animale. Pour celui-ci - l’un des premiers en céramique -, l’âne, monture de Dionysos, est un choix parfait. L’allégresse découvre ses longues dents. Elle gagne le vieillard et le jeune homme en route pour le banquet, dansant entre ses oreilles, dans un même enthousiasme. L’art archaïque soumettait ses scènes à un cadre rigoureux. Ici, le peintre a installé librement ses joyeux banqueteurs entre les oreilles de la mule. Une jambe du jeune homme disparaît derrière l’oreille de l’âne, l’autre s’appuie sur son toupet.

Un soin particulier a été apporté à la monture divine : sur le bel orangé du pelage, se détachent le cuir du harnais noir, clouté de blanc, la muserolle rouge. Le cabochon brun rouge de la boucle frontale est serti dans le blanc du métal. Un blanc crémeux a servi pour le pavillon des oreilles, les arcades, le tour des yeux, le nez et la bouche.

Les scènes vives et délicates, peuplées de personnages de trois quarts ou de dos, du peintre de Colmar témoignent de son goût pour le mouvement. Il a peint de nombreuses coupes. On ne lui connaît qu’un rhyton.