Détails de l'œuvre
Date :
2e moitié du VIe siècle av. J.-C.
Matériaux et techniques :
Ambre gravé
Numéro d'inventaire :
ADUT1600(3)
Dimensions :
H. 5,3 x l. 7,3 x P. 4,1 cm
Mode d'acquisition :
Achat sur les arrérages du legs Dutuit à la vente du séquestre Hirsch en 1921, 1921
Cette perle d’ambre sculptée représente une sirène, créature mythique au corps d’oiseau et à tête humaine dont le chant était redouté des marins grecs et étrusques. Elle appartient à un ensemble funéraire exceptionnel découvert en 1896 à Sala Consilina, à la frontière de la Campanie et de la Basilicate, puis acquis par le musée en 1921 lors de la vente du séquestre (biens d'un ressortissant ennemi placé sous contrôle de l'État français pendant la première guerre mondiale) du marchand allemand Jacob Hirsch (1874-1955). Le mobilier de cette nécropole aristocratique du VIe siècle av. J.-C. comprenait notamment des bijoux en ambre, dont cette perle taillée dans un bloc de dimension exceptionnelle.
Résine fossilisée originaire de la Baltique et faisant l’objet d’un intense commerce dans l’Antiquité, l’ambre était particulièrement recherché par les populations du bassin méditerranéen pour ses vertus magiques. Le choix d’une sirène pour orner une perle d’ambre n’était donc pas un geste anodin. Ces créatures mythologiques comptaient parmi les plus anciens sujets figurés du monde méditerranéen antique et étaient étroitement associées à la mort et à l’au-delà.
Si le style d’exécution de cette figure évoque davantage une main grecque, travaillant pour un commanditaire italique à Sala Consilina, l’origine du motif semble plutôt relever du monde de l’artisanat étrusque de luxe de l’époque, qui comprenait travail de l’ivoire, confection de bijoux prestigieux en or et perles en ambre.