Détails de l'œuvre
Date :
Entre 50 et 30 avant J.-C.
Matériaux et techniques :
Bronze
Numéro d'inventaire :
ADUT1
Dimensions :
H. 62 cm
Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902
Sur le site de Boutae, l’antique Annecy, une cache soigneusement aménagée fut découverte 1867. Elle renfermait ce bronze, d’une qualité et d’une taille exceptionnelles, brisée en trois morceaux, et trois portraits dont celui d’Antonin, empereur de 138 à 161.
On crut alors à un original grec de Polyclète, célèbre auteur au Ve siècle av. J.-C., du Canon, traité dans lequel le bronzier définissait mathématiquement les proportions idéales du corps viril à la musculature accentuée. Il cherchait à concilier impression de repos et suggestion du mouvement. L’Éphèbe des Fins d’Annecy en est la parfaite illustration. Mais il a été réalisé entre 50 et 30 avant J.-C. dans les derniers temps de la République romaine.
Dès la fin du IIe siècle avant J.-C., s’était développée en Grèce et en Italie une école néo-attique qui s’inspirait des chefs-d’œuvre grecs des Ve et IVe siècles. Dans les copies et variantes d’originaux illustres qu’elle produit, les créations de Polyclète figurent en bonne place. Ses statues étaient en bronze ; n’ont survécu que des marbres. S’il n’est pas de Polyclète, l’Éphèbe des Fins d’Annecy n’en est pas moins le plus polyclétéen des bronzes qui nous soient parvenus. Il reste unique à ce jour.
Fut-il dès l’origine une statue de culte ? L’attribut divin brisé qu’il tenait dans la main gauche fut ajouté à une date inconnue. Sous quelle forme était-il alors vénéré ? Hermès au caducée ou génie bienfaisant à la corne d’abondance, symbole de fertilité (Bonus Eventus) ?