
Stéphane Couturier (né en 1957 à Paris) s’attache, depuis la fin des années 1980, à documenter le corps de la ville.
Pour ce faire, le photographe opère des coupes franches à l’occasion de travaux, pour saisir l'urbain dans ses mutations. Sous les atours de la banalité et de la froideur documentaire, l’indétermination sous-tend sa production. Le sujet, pourtant solidement ancré dans le réel, tend à se confondre avec sa représentation. L’objet n’est pas tant l’architecture ou l’urbanisation que les processus de perception de l’œuvre d’art, allant de pair avec une interrogation du médium photographique.
Réalisées au moment de la journée où la lumière est aussi neutre que possible, les photographies contenues dans le portfolio révèlent une grande netteté et une absence d’ombres remarquable. La frontalité est de rigueur ; la structure de l’image happe l’œil et le déroute tout à la fois.
L'architecture est ici considérée comme un organisme vivant, évoluant au gré des sédiments laissés par l'histoire. A la structure de fer usée par les épreuves du temps s'est superposée une seconde structure métallique, sorte de prothèse qui soutient un corps malade. Ainsi, outre le caractère documentaire inhérent au travail de Stéphane Couturier, cette œuvre voudrait faire du Grand Palais, symbole d'une des étapes de l'évolution architecturale de Paris, un élément de réflexion au carrefour de la photographie, de l'architecture et des Arts plastiques.
S. G. C.
Portfolio de huit tirages numérotés et signés par Stéphane Couturier. Le photographe s’attache, depuis la fin des années 1980, à documenter le corps de la ville.