
Paysages et Marines du Siècle d'or hollandais
Pour offrir au public les richesses de son fonds d’art graphique (plus de 18000 estampes et 9000 dessins), le Petit Palais consacre la salle 25 de son parcours d’exposition permanente à la présentation par roulement d’ensembles de dessins et gravures.
Cette seconde présentation (19 juillet-novembre 2010) reprend, dans un accrochage entièrement renouvelé, la thématique des « Paysages et Marines du Siècle d’or hollandais » et s’enrichit d’une section consacrée aux paysagistes italianisants.
Le propos est d’exposer un choix significatif de gravures et de dessins ayant pour objet des thèmes parmi les plus représentatifs du génie hollandais du XVIIe siècle.
Le paysage, en premier lieu, est devenu l’un des sujets de prédilection d’artistes sensibles et divers qui ont su traiter avec originalité et finesse les spectacles intimes et uniques offerts par leur plat pays : dunes et plages, chaumières nichées dans la verdure, étangs, tourbières et chemins creux sous des ciels immenses.

Par ailleurs, la suprématie navale conquise par la victoire sur l’Invincible Armada espagnole en 1588, l’essor économique des villes portuaires du Nord et le développement du commerce au long cours établirent le genre pictural des marines comme incarnant le mieux la fierté et l’originalité des Provinces-Unies. Dans ce pays de polders, en majorité formé par les deltas du Rhin et de la Meuse, l’étendue de la mer se mêle souvent à celle des fleuves et des canaux.
Enfin depuis la Renaissance – dont le foyer d’éclosion fut la Toscane – les artistes du Nord ont aspiré à passer les Alpes pour accéder aux richesses de l’humanisme et aux leçons de l’Antiquité classique redécouverte.
A la jonction des XVe et XVIe siècles, l’Allemand Albrecht Dürer est le premier artiste d’envergure internationale à réaliser pas moins de deux séjours en Italie au cours de sa carrière: il va à la rencontre de nouvelles expériences artistiques mais également à la découverte d’atmosphères et de paysages inconnus.
Ce voyage en Italie allait rapidement s’imposer comme une destination presque obligatoire pour les artistes désirant se former ou enrichir leur bagage culturel.
Au XVIIe siècle, Rome devient le centre culturel le plus fécond et le plus attractif de la péninsule. Nombreux dans cette ville, les peintres hollandais se regroupent au sein d’une association de soutien et d’échanges, celle des « Bentvueghels » (Oiseaux de Bande). Se promenant dans la campagne environnante pour dessiner sur le motif, les paysagistes découvrent une nature différente de celle de leur propre pays, plus contrastée et baignée d’une chaude lumière. Revenus dans leur patrie, ces artistes auront une grande influence sur le style de leurs collègues qui n’ont pas fait le voyage d’Italie.
De 1617 à 1650 se succèdent ainsi plusieurs générations d’artistes italianisants illustrées successivement par Poelenburgh et Breenbergh, Swanevelt, Van Laer, Jan Both, Jan Asselyn, Nicolaes Berchem, Karel Dujardin, Weenix et Pynacker.
Les artistes réunis ici furent pour la plupart peintres, dessinateurs et graveurs. Chacun à leur manière, ils ont illustré avec éclat la richesse et la variété de l’école hollandaise : Adriaen van de Velde, Allaert van Everdingen (influencé par son voyage en Scandinavie), Hermann Swanevelt, Jan van Goyen, Willem van de Velde le Jeune, Hermann Saftleven, Simon de Vlieger, Ludolf Backhuysen, Nicolaes Berchem et Rembrandt, entre autres.
Les feuilles de ces maîtres ont toutes été choisies au sein de la collection Dutuit (legs 1902). Elles séduisent autant par leurs qualités artistiques que par la fraîcheur de leur conservation et leur présentation constitue ainsi un juste hommage au goût et à la générosité des deux frères collectionneurs (marques Lugt 708-709). »
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Informations pratiques
Avenue Winston Churchill, 75008 Paris
Salle 25 du rez-de-chaussée
Accès gratuit
Tél : 01 53 43 40 00


