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Regards sur les Collections

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Mardi 27 Mars à 12h30

"Grimaces et Misère", le chef d'œuvre de Fernand Pelez
par Isabelle Collet, Conservateur en chef au Petit Palais, Département des peintures

La vie et l’œuvre de Fernand Pelez (1848-1913) sont indissociables du Paris populaire de la deuxième moitié du XIXe siècle. Né le 18 janvier 1848, le peintre ne quitta jamais le quartier du bas Montmartre, passant en 1888 de la rue de la Tour d’Auvergne au boulevard de Clichy tout proche. Formé à l’Ecole des Beaux-arts, dans l’atelier de Cabanel, Pelez a rompu avec l’académisme dans les années 1880 pour peindre la vie des humbles dans le Paris de la Belle Epoque.
Grimaces et misère est son œuvre la plus emblématique. Cette toile monumentale fit sensation au Salon de 1888, puis resta dans l’atelier du boulevard de Clichy jusqu’à son entrée au musée en 1913. Pelez y évoque, sans complaisance, une parade d’acrobates et de clowns, et nous place en position de spectateurs tels des promeneurs dans une fête foraine.
Au-delà du constat presque photographique, cette parade de saltimbanques, contemporaine de La Parade de Seurat, reste une énigme à plus d’un titre. Réquisitoire ou parodie, l’œuvre de Pelez semble nous conduire aux limites
du réel.


Mardi 10 avril à 12h30

Une majolique à thème biblique du service d’Albert V de Bavière (1550-1579).
par Patrick Lemasson, Conservateur en chef au Petit Palais

Le XVIe siècle est la plus importante époque de la majolique, une technique de céramique proche de la faïence, née en Italie de diverses influences. Après une période de grande richesse de couleurs et de détails, le décor s’oriente vers une économie de moyens et un effet d’esquisse qui nous paraissent aujourd’hui très modernes.

Les souverains de la Renaissance font réaliser de gigantesques services de majoliques. Celui d’Albert V de Bavière illustre le mécénat d’un des princes les plus fastueux du Nord des Alpes. Les thèmes bibliques y côtoient la mythologie.

 

Mardi 29 mai à 12h30

Poèmes de cristal. De Gallé à Lalique, les verreries Art nouveau du Petit Palais
par Dominique Morel, Conservateur en chef au Petit Palais

Le Petit Palais possède un remarquable ensemble d’objets en verre, acquis à date ancienne par la Ville de Paris pour le musée Galliera et récemment complété par l’acquisition d’un vase néo-grec de Baccarat et d’une lampe de mosquée de Brocard. A côté d’Émile Gallé dont le Petit Palais s’honore d’exposer plusieurs œuvres importantes achetées aux Salons de la Société nationale des Beaux-Arts, sont représentés les principaux artistes de l’École de Nancy, tels Amalric Walter, Daum et les frères Muller, mis à l’honneur en 2007 par une exposition du musée de L’École de Nancy. Tiffany souvent comparé à Emile Gallé se distingue par ses favrile glasses dont le Petit Palais possède quatre exemples directement achetés au célèbre marchand Bing.

 

Mardi 12 juin à 12h30

Le fonds Dalou du Petit Palais: la postérité du sculpteur du Triomphe de la  République
Amélie Simier, Conservateur en chef du Patrimoine, Directrice des musées Zadkine et Bourdelle

Aimé-Jules Dalou (1838-1902) est l’un des plus grands sculpteurs de la fin du XIXe siècle. Fervent républicain, il s’exile à Londres en 1871 à la chute de la Commune. A son retour à Paris en 1879, il devient l’un des principaux sculpteurs de la IIIe République et réalise de nombreux monuments à Paris, dont le plus célèbre est le Triomphe de la République, pour l’actuelle place de la Nation. Le musée du Petit Palais conserve l’intégralité du fonds d’atelier de Dalou, acquis par la Ville de Paris en 1905. La conférence est l’occasion de présenter l’exceptionnel fonds du Petit Palais et de montrer comment les exécuteurs testamentaires de Dalou ont orchestré la postérité du sculpteur par le biais de la vente du fonds d’atelier, des reproductions photographiques et des éditions posthumes d’après l’œuvre de Dalou.

 La conférence coïncide avec la parution du catalogue du fonds Dalou du Petit Palais par Amélie Simier (éditions Paris musées, à paraître en juin 2012).

 

Mardi 3 juillet à 12h30

Mystère et poésie : la Femme au singe de Camille Alaphilippe
Cécilie Champy, Conservateur du Patrimoine

Si la Femme au singe est l’une des sculptures les plus appréciées du public, c’est aussi l’une des plus  énigmatiques de la collection du musée du Petit Palais. Son auteur, le sculpteur Camille Alaphilippe est un artiste  méconnu : né à Tours en 1874, prix de Rome en 1898, il se spécialise dans l’art de la céramique décorative et architecturale et reçoit quelques commandes officielles avant de s’installer en Algérie après la Première Guerre mondiale. La Femme au singe, exposée au Salon des Artistes Français en 1908, constitue une prouesse technique, avec l’association du bronze doré et du grès émaillé qui crée une polychromie raffinée. La Femme au singe constitue également un splendide  hommage à la séduction féminine, thème de prédilection de l’art symboliste, qui trouve ses racines dans l’imaginaire néo-médiéval.

Entrée libre dans la limite des places.

Grimaces et Misère - les Saltimbanques de Fernand Pelez
Une majolique à thème biblique du service d’Albert V de Bavière
Triomphe de la République de Dalou
Femme au singe